Reseaux Entreprise
Facebook n'est pas seulement bon pour le moral, il l'est aussi pour le travail. Le cabinet KPMG vient de publier une étude internationale selon laquelle l'utilisation des réseaux sociaux au bureau serait "bénéfique" pour les entreprises. Leur accès aurait en effet des conséquences plus que positives sur la motivation et le bien-être des salariés. Mais pas seulement : du point de vue économique, ses avantages directs et indirects sont multiples.
Alors déjà dépassé le spectre de l'insécurité informatique ? Pas tant que cela puisque plus de la moitié des entreprises interrogées par KPMG ont mis en place une politique visant à régir l'utilisation des réseaux sociaux au travail. Cela ne les empêche pas d'y être de plus en plus présentes.
Que craignent les dirigeants finalement ?
L'insécurité informatique est le risque principal encouru selon 49,2% des dirigeants et salariés interrogés. 61,6% des entreprises ont d'ailleurs mis en place une politique de sécurité informatique. Vient ensuite la consommation de bande-passante, la baisse de productivité des salariés, la diffusion de données sensibles et enfin le fait de véhiculer une image négative de l'employeur. D'où l'intérêt pour elles de former les employés : plus de la moitié de ceux (57%) qui ont reçu une formation sont susceptibles de diffuser des messages positifs sur l'entreprise (contre 39% qui n'en n'ont pas eu).
Bloquer l'accès n'est pas la solution, les dirigeants le savent : cela génère de la frustration chez les employés, même si seuls 40% d'entre eux sont vraiment au courant du contrôle exercé par leur employeur sur leur utilisation de Facebook, Twitter et compagnie.... Avec une formation adaptée, les salariés peuvent finalement devenir les meilleurs ambassadeurs des entreprises.
Bien-être et avantages multiples...
Car avoir accès aux réseaux sociaux rend les salariés heureux. Le niveau de satisfaction des 2 016 employés que KPMG a interrogé est en effet plus élevé dans les entreprises autorisant l'accès aux réseaux sociaux que dans celles qui le restreignent. Aujourd'hui, 70% des entreprises dans le monde y sont présentes et les trois quarts indiquent que leur profil public a été amélioré grâce à la participation des salariés eux-mêmes. Autres avantages invoqués : le partage des connaissances, l'amélioration du bien-être, l'entretien d'un réseau relationnel, ainsi que les gains de productivité.
Les entreprises interrogées déclarent utiliser les réseaux sociaux principalement à des fins commerciales, mais aussi pour améliorer la relation-client, valoriser leur image de la marque, dans le cadre de leurs recrutements et du développement de l'innovation.
...en interne comme en externe
"Les entreprises qui restreignent les connexions aux réseaux sociaux s'engagent dans une bataille perdue d'avance" rappelle KPMG. En plus d'établir un lien direct entre les sociétés et leurs marchés, les réseaux sociaux deviennent peu à peu "une alternative aux mails" au sein même de l'entreprise explique Marie Guillemot, Associée Responsable du secteur Technologie, Média, Télécommunications de KPMG France. Dans les pays émergents comme l'Inde, la Chine ou le Brésil, les entreprises utilisant les réseaux sociaux pour promouvoir leur activité sont 30% plus nombreuses que dans les pays émergents. Pour rester compétitives, les sociétés françaises vont devoir s'aligner et faire un peu plus "confiance" à leurs employés.
Etude réalisée d'avril à mai 2011 par KPMG via des entretiens individuels auprès de 1 850 cadres dirigeants et 2 016 employés intervenant dans les secteurs public et privé (finance, assurance, industrie minière, agriculture, science) dans le monde. Consultez les résultats en intégralité (en anglais) sur www.kpmg.com.
- Via Frenchweb
Les réseaux sociaux d'entreprise (RSE) sont à la mode. Ces outils multiples favorisent le travail en réseau, la circulation de l'information, le partage des données. Ils permettent aussi et surtout de changer les méthodes de management pour aller vers plus de collaboratif et aplanir la hiérarchie.
Pour en savoir plus sur la manière de les mettre en place et la définition des outils (Networking, intelligence collective, communautaire, dialogue...), Anthony Poncier vient de publier un livre sur les réseaux sociaux d'entreprise en 101 questions aux Editions Diateino. Dans cet ouvrage très pratique, il répond aux principales interrogations des entreprises qui souhaitent mettre en place un RSE. Mais au-delà des outils, ce qui compte c'est la transformation induite par les RSE dans le mode d'organisation de l'entreprise. Interview avec l'auteur qui est aussi blogueur et Directeur/consultant chez Lecko en management et entreprise 2.0
L'initiative de mettre en place un réseau social d'entreprise elle vient plutôt des services RH, de la direction ou alors suite à une demande des salariés ?
L'initiative vient très rarement des services RH, à quelques exceptions comme chez Orange par exemple. Dans la majorité des cas, c'est souvent une démarche de la DSI ou alors de la direction. Mais les choses évoluent. Auparavant, la direction avait une vision "outils" et transmettait sa demande au service informatique. En ce moment, on observe une montée en puissance au niveau des services de communication interne qui gèrent déjà les intranet et se positionnent désormais sur les RSE. C'est le cas chez Alcatel par exemple. Mais historiquement, c'est plutôt la DSI qui est à l'origine des RSE et de son pilotage. Dans l'idéal, on a une demande du métier, appuyée par un triptyque Com'-DSI-Direction.
Le RSE n'est pas un outil réservé aux grandes entreprises
Comme pour tous les réseaux sociaux, ce qui est important c'est de réfléchir plus en termes d'usages que d'outils...
Exactement. On part soit d'un besoin business qui sera facilité par un RSE, soit d'un problème à résoudre via du collaboratif. Mais on n'a pas attendu le web 2.0 pour le faire. Le RSE est un outil qui va faciliter le côté social et collaboratif, notamment quand on a des équipes distantes. C'est juste un accélérateur.
Dans les entreprises où les RSE fonctionnent il y a d'ailleurs souvent une communauté existante. Le RSE permet alors de donner des moyens pour être encore plus efficient et simplifier le travail collaboratif.
La complexité réside aussi dans l'articulation avec les communautés existantes, ou un intranet...
La question de l'intégration dans le système d'informations se pose effectivement. Comment pluguer le RSE avec un CRM ou avec un chat ? Il faut alors faire un mapping de l'existant, voir les zones de recouvrement pour privilégier certains outils. Mais là où l'intégration est la plus difficile c'est plutôt au niveau des process de l'entreprise. Si on a des modes de management extrêmement verticaux, l'idée de communauté, de travail en réseau et de communication plus directe, est plus compliquée à faire passer. Le problème d'intégration n'est donc pas vraiment technique mais plutôt culturel. Il faut remettre en question le management et aplatir la pyramide. Enfin, la notion d'expert au sein de la communauté de l'entreprise change aussi les méthodes d'évaluation.
Pour l'instant les RSE sont plutôt déployés dans de très grandes entreprises, est-ce que les PME vont devoir s'y mettre aussi ?
Ce n'est pas une question de taille. Le RSE repose plutôt sur un besoin. Dans une PME ou TPE de dix personnes, si les collaborateurs sont répartis sur tout le territoire, le fait de pouvoir travailler à distance est un plus. La différence va se jouer plus sur le type d'outils collaboratifs. Dans une petite structure, le conversationnel ou la coproduction ont du sens. Alors que dans une grande entreprise, le RSE permet d'identifier des experts ou des compétences dans la communauté. Pour une PME le RSE peut aussi permettre de travailler avec une communauté externe de clients ou d'interagir avec un écosystème.
Et même dans les collectivités territoriales, on trouve de plus en plus d'exemples de réseaux sociaux territoriaux entre différents partenaires.
"Les managers cherchent de l'information 2 heures par jour et souvent, ils ne la trouvent pas"
Les gains de productivité paraissent évidents quand on parle de travail collaboratif, de partage de documents ou d'expériences. Pour le côté conversationnel, ce n'est pas forcément le cas ?
Ce n'est pas l'outil ou l'usage collaboratif qui doit être mesuré mais bien l'impact sur un process business. Les managers cherchent de l'information pendant deux heures par jour et dans la plupart des cas ils ne la trouvent pas forcément. Si par la conversation, ils accèdent plus rapidement à cette information, c'est un gain évident. Mais à l'inverse si on a une communauté d'innovation avec 200.000 personnes qui discutent et qu'il n'en ressort rien, c'est sûr que ce n'est pas très productif. La priorité c'est de voir comment utiliser cette conversation et si les projets avancent plus vite qu'avant.
Est-ce que le meilleur effet qu'on puisse attendre d'un RSE c'est de désengorger un peu les boites mails ?
A moyen et long terme peut-être. Ce qui compte c'est de savoir comment gérer l'information et l'optimiser avec l'ensemble des outils disponibles : mail, RSE, etc. Il faut optimiser l'accès aux documents, trouver les bonnes personnes, capitaliser une information ou la détruire.
Quelle est l'étape qui suit la mise en place d'un RSE ? Mesurer la performance ?
La mesure de la performance doit être prévue en amont, c'est souvent une erreur que font les entreprises de ne pas l'anticiper. Les véritables problèmes qu'on rencontre après la mise en place d'un RSE sont ailleurs. Les entreprises ont bien compris qu'il fallait faire adhérer les collaborateurs au processus de changement. Mais là où les freins sont plus importants et la déception plus grande, c'est dans la transformation réelle de l'organisation. Si malgré les efforts et les investissements, les modes de management ne changent pas, le RSE simplifie la vie mais reste un simple outil. Alors que l'impact collaboratif peut véritablement transformer le modèle de l'entreprise. Si on veut vraiment récolter les fruits d'un réseau social d'entreprise, il faut aller au bout de la logique de transformation de l'organisation.
"Les réseaux sociaux d'entreprise", par Anthony Poncier, Collection 101 questions, Diateino. 250 pages, 13 euros.
Publié le vendredi 20 janvier 2012 · 12:00 · Par FmR
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